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Des brèves tirées de mes différents stages en tant qu'externe dans nos beaux hopitaux de Paris...
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Le blog de l'externe en médecine

24 jan
2007

A Jeun

En psychiatrie, on a eu un patient adressé par son médecin traitant pour un sevrage. Le médecin nous avait fait une longue lettre, dans laquelle il explique qu'il avait essayé de faire un sevrage en ambulatoire mais que ça a été un échec, etc...

On interroge donc le patient. Il nous explique qu'il avait un peu réussi à arrêter de boire, sans plus. Mais qu'il est venu à jeun à la dernière consultation chez son médecin traitant, comme celui-ci lui avait demandé...

"Euh, d'accord, mais d'après le médecin vous aviez l'air d'avoir bu en arrivant... Ce n'était pas le cas ??"

"Bon, c'est vrai, j'avais bu juste un verre au bar en passant. J'étais nerveaux à l'idée de le voir, donc j'ai voulu me décontracter un peu..."
"Certes. Mais bon, d'après la prise de sang qu'il a faite, vous aviez 2.3gr d'alcool/L de sang... Ca fait un peu plus qu'un verre !"

Voilà, c'est tout, ça m'avait fait marrer. Voyons voir combien ça ferait de verres, en gros.

On sait que pour un homme, on considère qu'en buvant 2 verres, on arrive à un taux d'alcool de 0.50g/L. Donc là, il a du boire au moins 9 verres, sachant qu'en plus on élimine avec le temps... Donc bon, tablons sur 10 pour plus de sécurité ^^ C'est là qu'on voit le problème avec la dépendance : les patients veulent prendre juste un verre, et se retrouve avec... 10...

Bon, sur ce, je vais me prendre une petite bierre moi



11 jan
2007

Non, non, je n'ai rien bu !

L'évaluation de la quantité d'alcool prise quotidiennement est un truc que j'aime bien, vous l'aurez compris. On ne le fait pas seulement à l'arrivée des patients, mais aussi après leur permissions.

En fait, il faut savoir comment ce passe un sevrage typique à l'hopital. Ca dépend des endroits, mais chez nous, le patient devait rester au début 1 semaine seul, sans sortir du service. Ceci dans le but de le couper de ses habitudes et de lui donner le temps de faire un peu d'introspection, de réfléchir à sa situation, etc... Après cette semaine, l'encadrement reste présent, mais on autorise au bout d'un certain temps des permissions pour sortir, d'abord dans l'après-midi, puis un week-end entier. Si tout se passe bien, le patient pourra alors rentrer chez lui.
Il arrive souvent que le patient re-boive durant la première permission. Ce n'est pas l'idéal, mais ça lui montre aussi que le sevrage n'est pas si simple que cela, que les tentations seront nombreuses, et qu'il ne doit pas relacher sa vigilance.

Ainsi, on évalue la consommation d'alcool aussi au retour des permissions. On avait eu une patiente très difficile à faire arrêter. En fait elle disait qu'elle voulait pas faire de sevrage, mais quittait pas l'hopital quand même... un peu contradictoire, certes.
Ainsi, au bout de 2 semaines on lui accorde sa première perm, juste la journée. Elle revient le soir, et donc le lendemain matin on va la voir pour savoir si elle a bu de l'alcool.
"J'ai bu un verre de cidre, mais en fait c'était pas fait exprés, je ne s'avais pas qu'il y avait de l'alcool dans le cidre ! Et puis c'est juste 4 degrés, c'est pas grave."
Mouais, pas crédible d'après moi, mais bon.
La semaine suivante, on lui laisse à nouveau une journée de permission. Elle revient, et encore une fois on va la voir pour savoir ce qu'elle a bu.
"J'avoue, j'ai bu du vin ! Mais je n'ai pas fait exprés, il y en avait à table. Je me suis servi un verre, mais je me suis vite ressaisie et je n'ai bu que la moitié du coup."

Bon, une fois de plus, elle avait fait une petite rechute. La subtilité, c'est qu'on c'est rendu compte le lendemain que la moitié, c'était pas la moitié du verre, mais la moitié de la bouteille !

08 jan
2007

To drink or not to drink

Un point assez 'amusant' sur lequel interroger les patients, c'est leur consommation d'alcool. J'y ai eu droit pas mal, à l'évaluation, en psy, puisque je suis passé dans le secteur addictions...

Alors, LE grand truc qu'on vous sort à toutes les sauces, c'est :
"Vous buvez combien d'alcool chaque jour, à peu près ?"
"Oh, ben... comme tout le monde..."

Et là, quand on fait préciser, on a des surprises  Du coup, le plus efficace c'est de faire décrire la journée typique et les prises d'alcool durant celle-ci. Exemple du mec qui boit 'comme tout le monde' :

"Bon, je me lève le matin, déjà, je prends 50cl de bierre avant le petit dej, puis un café, puis re-50cl de bierre." 
Je vous laisse imaginer la consommation pendant le reste de la journée, ça se passe de commentaire...

On a aussi le :
"Oh, moi, je bois juste du vin à table, avec ma femme"
"D'accord. Une bouteille vous dure combien de temps ?"
"Oh, un repas"
"Et votre femme, elle boit combien ?"
"Rarement plus d'un demi-verre..."

Donc là, on est déjà à 2 bouteilles de vin par jour, mais comme tout le monde, là aussi  Et ce sans compter les apéros...

On a aussi ceux qui ont une consommation 'furtive'. Ils boivent peu de verres... Donc, important, quand vous voulez estimer une consommation d'alcool, ne demandez pas en verre, mais en combien de temps la bouteille est bue :
"Vous buvez de l'alcool ?"
"Oui, mais très peu, juste à l'apéritif le soir."
"Et vous prenez quoi comme apéritif ?"
"Oh, juste un verre ou deux de whisky, pas plus"
"D'accord. C'est des verres de combien ?"
"Des verres normaux, pour l'apéro quoi "
"La bouteille de whisky vous dure combien de temps ?"

"Juste l'apéro, 2 verres."

Là, forcément, 1 bouteille de whisky par jour, c'est énorme, ça fait plus que 2 'verres'...

Voilà, ça sera tout pour ce soir, je referais une autre séance sur l'alcool plus tard, j'ai d'autres choses à raconter

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